Arrivederci 2013!


Hellooooo tout le monde! Bananééééé zot tout! 

Premier post pour commencer cette nouvelle année. Reprenant l'idée de mon très cher ami Pascal, à la tête du splendide blog Il y eut un matin, je me prête à mon tour au jeu du bilan en proposant une sympathique rétrospective de mon année 2013. Bien que mon blog parle de mes voyages et par extrapolation, de ma vie/mon quotidien, de mon entourage et finalement de moi, je prends soin de ne pas trop en dire en déplaçant et en replaçant les frontières entre ce qui à mes yeux peut se dire et ce qui doit rester dissimuler, masquant du mieux que je peux mes affects et tout ce qui touche de près ou de loin au très privé, au très intime. Pourtant, ce soir, je me sens prête à en dire un peu plus, à me livrer, à faire tomber le masque. Pourquoi ? Tout simplement parce que mon année 2013 aura été remarquablement belle et intense dans mon existence à la fois publique et secrète.

2013 m'aura surprise par sa force et parfois sa violence, par sa détermination à me rentrer dedans, à me placer au pied du mur, à m'enfoncer dans mes retranchements, à me faire douter de tout. 2013 m'aura aussi révélée à moi-même : plus résistante, plus acharnée, plus intransigeante, plus autoritaire, plus optimiste. Plus que prévu.

2013 commence en beauté avec mes retrouvailles familiales sur un continent qui m'aura fait fantasmer pendant des années, l'Asie. À Bangkok, aux premières heures du matin, j'y retrouve mes parents en compagnie de mon frère. Entourée de mes anges malgaches, je me sens forte pour entamer cette année dont j'ignore encore les tenants et les aboutissants. 2012 aura été fade, 2013 ne pouvait pas être pire, surtout si elle commençait dans l'Inconnu. Mes trois premières semaines se vivent au Vietnam, au Cambodge et finalement en Thaïlande. Sur les toits de la capitale thaïlandaise, je célèbre avec joie et insouciance mes vingt-trois printemps, la tête complètement rasée. Montréal, son froid, ses attentes, ses impératifs sont loin de mon esprit pendant que je petit-déjeune dans mon auberge de jeunesse. 

Pourtant, il faut rentrer. Et je rentre en trainant des pieds pour affronter peut-être l'un de mes plus gros défis de ma vie de jeune adulte : la rédaction de mon mémoire de fin d'études pour valider ma maitrise en littérature de langue française. Pour certains, cette étape scolaire n'est qu'un obstacle avant d'atteindre le marché du travail, une broutille qui peut durer six mois et dont on souhaite rapidement se débarasser. Il ne faut pas en faire tout un drame.

J'en ferai tout un drame, car tout se joue pour moi. Ce drame durera sept mois de ma vie. Sept mois de vulnérabilité, d'inquiétude, de désespoir, de découragement, d'obsession. Je découvre l'angoisse et la terreur. Je pleurerai beaucoup. Je me hurlerai déraisonnablement dessus tous les mercredis soirs sans répit. Je me confronte à mon pire ennemi : moi. Moi et mon perfectionnisme, moi et mon intolérance, moi et mon exigence sans bornes, moi et ma mégalomanie, moi et mes illusions. En juin, je sombre comme une épave dans ma propre impuissance. Je ne m'en sors pas, je me sens atrocement seule et l'unique personne qui puisse m'aider, mon alter égo, ne cesse de me martyriser en me répétant que je ne suis qu'un imposteur, qu'une incapable. Mon mémoire, je ne l'aurai pas parce que je ne suis pas à la hauteur. Car je n'ai jamais été à la hauteur, le temps aura été long avant que je ne m'écrase héroïquement aux pieds de mes ambitions. En juin, je sanglote, tout était plié.

Et il faut remonter, et il faut se battre contre ses incertitudes, contre les voix machiavéliques du passé qui s'abreuvent goulument des potentiels échecs. Heureusement il y a Carola. Il y a Cynthia. Il y a Karecha. Il y a Audrey. Il y a Haja. Au barbecue de Saine Scène, je retrouve le sourire, je rencontre de belles personnes : Aurélie, Navid, Sam, Pascal. Et le mois de juin laisse place à juillet et au soleil montréalais que je ne verrai (presque) pas. Mon mémoire avance enfin. Les vraies questions ont été posées. Enfin. Je souffle doucement, rédigeant avec obstination les pages que je n'espérais plus. Je me rappelle que j'aime la littérature, que j'aime l'analyse, que j'aime la rédaction. 

Et puis Coline arrive et elle m'emmène en voiture au bout du Canada, dans l'est. J'ai peur : pourquoi abandonner mon projet en cours de route ? J'avais déjà dit oui ... À quarante minutes de Montréal, en direction de Rivière-du-Loup, je me dis : "Laisse faire". Et je me lance dans mes vacances. Je visite le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard : les trois magnifiques provinces maritimes. Au Cape Breton, je m'asseois devant une étendue infinie d'eau, c'est beau. Je me retrouve nez-à-nez avec un orignal et le soir, je scrute les étoiles au bord d'une plage, lors d'un feu de camp improvisé. À Halifax, je fais le deuil d'un ancien amour. De lui je ne garderai que les bons souvenirs, promis. Et on roule. Et puis merde : mon mémoire, je l'aurai. Et je rentre encore une fois - neuf heure de voiture, une envie de me pendre - pour affronter l'Inévitable. Coline : merci pour tout.

22 août 2013 : je dépose mon mémoire. Je bois un verre avec une jeune fille, Sarah, que j'aurai rencontrée lors de l'impression au pavillon Jean-Brillant. Ce moment, il fallait le célébrer. Comme il fallait célébrer aussi ce qui allait suivre : le doctorat en littérature. Je m'obstine dans mes études, dans ce que j'aime profondément et dans ce qui m'anime. Je dis adieu à l'UdeM pour l'UQàM sans savoir encore si je serai diplômée ou non. En attendant le retour du jury, je souffle, je me prends une session off, je profite du verre que j'ai décidé de voir à moitié plein. Mon frère rentre à la Réunion pour des raisons familiales. Je reste à Montréal pour poursuivre une vie que j'avais laissé en suspens : je commence à faire de la radio. Saut dans le vide, pas de filet. Une fois par semaine, en compagnie d'Aurélie, je propose des chroniques de cinq minutes sur les ondes de CHOQ.FM. J'ai le trac mais j'y vais. La toujours-timide Irène, incapable d'acheter du pain dans une boulangerie à huit ans, tente de formuler des phrases cohérentes au micro en début de soirée. Expérience intense, bouleversante, inégalable. Je vacillerai souvent mais mes jambes sont ancrées dans le sol.

Novembre 2013. De couple à célibataire. 2013 est l'année de la première fois : premier voyage en Asie, premier mémoire, premier tatouage, première expérience radiophonique, première rupture provoquée. J'inspire mes premiers souffles gênés de liberté. Je fais la paix avec moi-même, me promettant moins d'infidélités. Dans ce célibat, je semble me re-rencontrer. Je me re-projette. Je me re-plein de choses. Je reviens à la vie.

Un voyage en cours d'organisation, des billets achetés, des copines soudées, des amitiés masculines détonantes. Et encore une première fois : première jobine pour amasser un peu de sous. Je suis caissière dans une librairie et je suis exténuée, ayant 35 heures de boulot dans les jambes. Je passe le 24 décembre en compagnie de mes acolytes de caisse, fermeture à 18h. Noël, puis après-Noël : première cuite. Je m'achève agréablement au rhum malgache avec mes chums de gars dans mon salon vert-mangue-pas-mûre. Tout va bien, je me sens en sécurité. Je bois et je dis que j'aime tout le monde. That's true.

31 décembre 2013 : sept heures du matin. Je quitte Montréal pour le Costa Rica. Je me décharge avec soulagement de toutes mes déceptions, mes frustrations, mes incompréhensions, mes colères. J'emmène avec moi peu de choses, je ne dois pas partir trop encombrée pour pouvoir être capable de ramener le nécessaire de cette énième excursion.

Je repars encore en voyage, parce que j'aime ça.

Pour finir : 2013, merci d'avoir été formidablement difficile, émouvante, éprouvante, vive.

1 commentaire:

Rock a dit…

2013 fille bornée aussi :p... on se comprend ^^.
Bisous ;)

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